Mirana Ramialison (France)
| Salut ! Je m'appelle Mirana.
Je suis née sur une île, Madagascar, j'ai grandi sur une autre île, Martinique, pas de surprise si je me retrouve à travailler avec des poissons... Et pas n'importe quel poisson mais le Medaka, un petit poisson d'eau douce qui vient... d'une île, le Japon. |
|
Même si les rizières et les cours d'eaux japonais sont remplis de Medaka, les Japonais ne les mangent pas. Non pas parce que c'est trop petit pour un sushi (2 cm de long environ), mais parce qu'il peut sauver des vies.
L'équipe de recherche du Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire dont je fais partie étudie Medaka (ou «petit-poisson-aux-gros-yeux» en japonais) pour comprendre comment un oeil se forme. Comme les yeux de Medaka sont similaires à des yeux humains, cela permet de comprendre les maladies liées à la vue qui sont dues à des problèmes de malformations. Sous le microscope on peut voir les yeux de Medaka se former «en live» car les oeufs sont transparents.
Mon travail de thèse ne se limite pas à la formation de l'oeil mais à tous les organes. Je cherche à découvrir quels gènes sont spécifiques pour former l'oeil, le cerveau, les oreilles etc. Je suis allée à Kyoto pour collecter des informations sur les gènes de Medaka (plus de 20 000 au total). Or il est impossible d'étudier la fonction de tous ces gènes en une seule fois, sachant qu'il faut parfois une carrière entière pour analyser la fonction d'un seul d'entre eux.
Mirana Ramialison |
|
Heureusement avant ma thèse, j'ai intégré une école d'ingénieurs où je me suis spécialisée dans une discipline appelée bioinformatique, qui finalement permet d'analyser tous les gènes simultanément. Au lycée, mes matières préférées étaient la biologie et les maths, la bioinformatique est à cheval entre ces deux disciplines. Maintenant, j'écris des programmes informatiques pour prédire la fonction de tous les gènes, ensuite je fais des expériences avec Medaka pour tester si les hypothèses de mes programmes sont justes ou si au contraire ils racontent n'importe quoi (ce qui est plus souvent le cas, c'est pour ça qu'une thèse prend au moins trois ans!!!).
Mais ces années passent assez vite parce qu'il faut beaucoup voyager pour présenter les résultats et aussi pour se tenir au courant de ce que les autres chercheurs font. Durant ma thèse, j'ai eu l'occasion d'assister à des conférences en Italie, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Japon. Mais j'avoue que, de retour en Allemagne où les hivers sont rudes, je suis contente de retrouver mes petits Medaka qui vivent dans des aquariums où l'eau est à 25°C... tropical... Les week-ends je délaisse volontiers le labo pour pratiquer le japonais et je prends aussi des cours d'allemand. J'aime beaucoup cuisiner des plats malgaches et créôles. Mais surtout, je passe la majeure partie de mon temps libre à danser le hip hop, la salsa et le zouk!
Écoles:
Collège Tartenson Fort de France
Lycée Victor Schoelcher Fort de France





